Foule et public
La conception de la réception filmique de la théorie française, lors de la période muette, repose sur la notion de foule. Apparue au cours du xixe siècle, cette notion a donné lieu à de nombreuses appréciations, que l’on retrouve dans les textes sur le cinéma. Reprenant la conception dominante, héri...
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| 格式: | Article ou chapitre numérique |
| 语言: | Français |
| 出版: |
Conserveries mémorielles
2012
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| 主题: | |
| 在线阅读: | Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 总结: | La conception de la réception filmique de la théorie française, lors de la période muette, repose sur la notion de foule. Apparue au cours du xixe siècle, cette notion a donné lieu à de nombreuses appréciations, que l’on retrouve dans les textes sur le cinéma. Reprenant la conception dominante, héritée de la psychologie des foules vulgarisée par Gustave Le Bon, les cinéphobes considèrent le cinéma comme un lieu où les foules réunies soulagent ou excitent leurs bas-instincts. Les cinéphiles, en revanche, voient dans le cinéma la possibilité d’une refondation communautaire moderne où les foules retrouvent une spiritualité perdue. Pour eux, dans les salles obscures propices à une expérience hypnotique, les foules communient. C’est cette dernière conception qui est à la base de l’idée, inventée par Canudo et reprise, avec des nuances, par Delluc, Gance, Epstein ou L’Herbier, de « septième art ». Mais correspond-elle à la réalité des pratiques spectatorielles de l’époque ? Peut-on considérer le public de cinéma comme un ensemble uniforme, tel qu’il semble apparaître à travers l’idée de foule ? On peut penser que non, et que cet écart entre théorie et réalité de la réception filmique est une des raisons des difficultés du cinéma français face au cinéma américain. L’impasse théorique dans laquelle la notion de foule a entraîné la conception française de la réception filmique apparaît avec évidence à travers l’exemple de Germaine Dulac. La première parmi ses confrères français, elle exprima des réserves sur la capacité du cinéma à faire communier les foules. Elle reconnut que c’était le public dans sa diversité qui imposerait ses goûts aux fabricants de films, ce que les producteurs hollywoodiens avaient déjà assimilé. |
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