La séance, unité pertinente d’analyse en littérature orale

Cet article s’attache à montrer que, dans la perspective d’une approche ethnolinguistique telle que Geneviève Calame‑Griaule a pu la prôner, la séance, entendue comme une unité de « performance », peut être un niveau particulièrement pertinent d’analyse, dans le cas où y sont exécutées par des inter...

Description complète

Enregistré dans:
Détails bibliographiques
Dans:URI:https://journals.openedition.org/clo,
Auteur principal: Derive, Jean
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Cahiers de littérature orale 2019
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Résumé:Cet article s’attache à montrer que, dans la perspective d’une approche ethnolinguistique telle que Geneviève Calame‑Griaule a pu la prôner, la séance, entendue comme une unité de « performance », peut être un niveau particulièrement pertinent d’analyse, dans le cas où y sont exécutées par des interprètes différents des séries d’œuvres (contes, chants, devinettes, etc.) dont la succession est souvent loin d’être arbitraire mais obéit à des logiques, déterminées par différents types de facteurs. La mise au jour de ces logiques est souvent capitale pour saisir la fonction anthropologique d’un événement énonciatif dans une culture donnée. En effet, si chaque unité est porteuse d’une signification spécifique (la morale d’un conte par exemple), sa place dans le déroulement d’une chaîne énonciative participe aussi de la construction d’un sens culturel global propre à la séance par un mécanisme complexe d’analogies et d’oppositions dialectiques. Le propos est illustré par un certain nombre d’exemples de séances empruntés à la littérature orale des Dioula de Kong (Côte d’Ivoire) qui illustrent différents cas de figure emblématiques : séances de chants rituels et cérémoniels, séance de chants corporatifs, séance de contes.