La déesse des latrines. La légende de tradition orale de la déesse Zigu vue par les lettrés chinois

La légende de la déesse Zigu est un mythe de tradition orale chinois qui sous-tend le culte honorant la déesse des latrines. Cette légende remonterait au moins au ve siècle, époque à laquelle elle fut collectée par un lettré pour la première fois ; le culte populaire de Zigu se pratiqua jusqu’au déb...

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Bibliografische gegevens
Gepubliceerd in:URI:https://journals.openedition.org/clo,
Hoofdauteur: Chia‑Ping Chiu, Blanche
Formaat: Article ou chapitre numérique
Taal:Français
Gepubliceerd in: Cahiers de littérature orale 2017
Onderwerpen:
Online toegang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Omschrijving
Samenvatting:La légende de la déesse Zigu est un mythe de tradition orale chinois qui sous-tend le culte honorant la déesse des latrines. Cette légende remonterait au moins au ve siècle, époque à laquelle elle fut collectée par un lettré pour la première fois ; le culte populaire de Zigu se pratiqua jusqu’au début du xxe siècle. La déesse dénommée Zigu véhiculait l’image d’une concubine torturée et assassinée dans les latrines à cause de la rivalité et de la haine qui sévissaient au sein du gynécée. La légende de Zigu fut diffusée dans des récits et poèmes au fil du temps, ce qui favorisa et « officialisa » la transmission orale et fit circuler les variantes (trait caractéristique du récit mythique). Caractérisé par des pratiques divinatoires, ce culte (d’abord rural) accompagné de chants et d’offrandes se déroulait autour des latrines et était pratiqué en priorité par une communauté féminine. Les incantations de la cérémonie pour faire « descendre » l’avatar de la déesse faisaient revivre le mythe. La déesse se présentait sous la forme d’une effigie fabriquée avec des ustensiles ménagers. Les pratiquants posaient des questions à la déesse et interprétaient ses oracles. Le culte s’éteignit avec la modernisation et le déplacement des latrines situées jadis à l’extérieur de l’habitation. Ce changement d’espace provoqua la disparition du culte, mais cette légende demeure encore vive dans la mémoire collective.