Clown d’ethnographe
Ce texte propose une analyse ethnographique de la Brigade activiste des clowns (BAC) à Paris, en s’appuyant sur une immersion lors d’une action menée en septembre 2019. L’auteur, à la fois ethnographe et participant sous le pseudonyme de « Capitalisto », décrit comment les clowns militants investiss...
Na minha lista:
| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/clo, |
|---|---|
| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Cahiers de littérature orale
2025
|
| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Ce texte propose une analyse ethnographique de la Brigade activiste des clowns (BAC) à Paris, en s’appuyant sur une immersion lors d’une action menée en septembre 2019. L’auteur, à la fois ethnographe et participant sous le pseudonyme de « Capitalisto », décrit comment les clowns militants investissent l’espace public lors de manifestations, utilisant l’humour, le déguisement et la gestuelle pour perturber les dynamiques habituelles entre manifestants et forces de l’ordre. La présence des clowns introduit un troisième acteur dans la confrontation, brouillant les frontières entre camps et désamorçant temporairement les tensions par le rire et l’absurde.L’article interroge la spécificité de l’ethnographie de l’humour et du jeu, soulignant que l’implication active de l’ethnographe – ici, en tant que clown – permet de mieux saisir les ressorts de la production humoristique. L’auteur mobilise les catégories de Raymond Gold sur le positionnement de l’ethnographe (participant, observateur, etc.), montrant que les rôles adoptés fluctuent selon les situations et sont coconstruits avec les acteurs du terrain. L’ethnographe doit ainsi tour à tour être producteur, cible ou observateur du phénomène humoristique, acceptant le risque d’échec ou de « flop », aussi instructif qu’un succès.Le texte insiste sur l’importance du non-verbal (gestes, mises en scène) dans la communication clownesque, qui prime parfois sur le verbal pour susciter le rire et créer une « zone rose » : un espace-temps singulier où les règles ordinaires de la confrontation sont suspendues. Enfin, l’auteur donne une définition de la tactique de la « zone rose ».En somme, cette ethnographie met en lumière comment le militantisme clownesque, par le jeu et le rire, reconfigure les interactions en manifestation et offre à l’ethnographe une perspective originale sur les pratiques de terrain, la production du comique et les positions qu’est amené à occuper le chercheur sur le terrain. |
|---|