La secrète revendication d’une sexualité féminine : les chants du marcanda chantés par des femmes songhay-zarma d’origine captive (Niger)

Chez les Songhay-Zarma du Niger se déroule, durant les mariages polygames, une cérémonie particulière, le marcanda, au cours de laquelle des femmes d’origine captive évoquent, en chansons et en l’absence des hommes, la sexualité, ses plaisirs et ses déviances. Ces énonciatrices particulières aborden...

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Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/clo,
Autore principale: Bornand, Sandra
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Cahiers de littérature orale 2014
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Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Chez les Songhay-Zarma du Niger se déroule, durant les mariages polygames, une cérémonie particulière, le marcanda, au cours de laquelle des femmes d’origine captive évoquent, en chansons et en l’absence des hommes, la sexualité, ses plaisirs et ses déviances. Ces énonciatrices particulières abordent, dans leurs chants, des sujets tabous et semblent prendre systématiquement à contre-pied les valeurs prônées par la société.Maniant à la fois parole directe (emploi de termes vulgaires) et indirecte (métaphores, jeux sur les voix énonciatives, etc.), les chanteuses créent une complicité avec les femmes de l’auditoire, qui entendent – à travers les voix de captives – une parole qu’elles ne pourraient prononcer. Car les seules chanteuses autorisées à chanter ces chants se situent doublement au bas de l’échelle sociale : en tant que femmes et en tant que descendantes de captives qui – dit-on et contrairement aux êtres d’origine libre – « ne connaissent pas la pudeur ».