La Parole sur le fil
Cet article analyse les enjeux d’une performance réalisée en 1977 par un artiste spécialisé dans l’exécution d’un genre dénommé bàra, spécifique à la communauté des Dioula de Kong (Côte d’Ivoire) et dont l’avènement, sous la forme qu’il connaît à l’époque, remonte à une cinquantaine d’années environ...
Tallennettuna:
| Julkaisussa: | URI:https://journals.openedition.org/clo, |
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| Aineistotyyppi: | Article ou chapitre numérique |
| Kieli: | Français |
| Julkaistu: |
Cahiers de littérature orale
2014
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| Aiheet: | |
| Linkit: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Yhteenveto: | Cet article analyse les enjeux d’une performance réalisée en 1977 par un artiste spécialisé dans l’exécution d’un genre dénommé bàra, spécifique à la communauté des Dioula de Kong (Côte d’Ivoire) et dont l’avènement, sous la forme qu’il connaît à l’époque, remonte à une cinquantaine d’années environ. Le bàra (ou bàla) est une danse connue dans toute l’aire culturelle mandingue, mais il n’y a qu’à Kong qu’elle prend ainsi la forme d’un spectacle exécuté par un spécialiste. Ce spectacle se présente comme un pot-pourri des principaux genres du patrimoine littéraire oral dioula : chants divers, contes, proverbes, apologues… le tout entrecoupé de commentaires personnels et didactiques de l’artiste. Il s’agit d’une parole périlleuse, car elle met en question les frontières canoniques de la littérature orale dans cette société qui, traditionnellement, sépare nettement la littérature sérieuse (religieuse, sapientiale) dont les notables, hommes libres de naissance (horon) ont le monopole, de la littérature ludique et notamment paillarde et scatologique habituellement aux mains des captifs domestiques (woloso). En mêlant volontairement dans un seul et même genre les deux registres et en défendant la pertinence de cette promiscuité sacrilège dans ses commentaires personnels où il opère de subtils glissements, l’artiste, qui appartient au groupe des hommes libres de naissance, apparaît à la fois comme un provocateur et comme le militant d’une nouvelle forme de production littéraire qui remet en question les frontières traditionnelles de l’appropriation de la parole patrimoniale. |
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