En Roumanie, l’autre moitié du rite : les cuisinières des morts

L’ethnographie roumaine est connue pour l’intérêt soutenu qu’elle a porté à la thématique de la mort et à l’ample dispositif mythico-rituel destiné d’une part à écarter le mort individuel en « libérant son âme », de l’autre à ramener les morts ayant accédé au statut « d’ancêtre » par des repas de « ...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/clio,
Autor Principal: Vassas, Claudine
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Clio. Femmes, Genre, Histoire 2006
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:L’ethnographie roumaine est connue pour l’intérêt soutenu qu’elle a porté à la thématique de la mort et à l’ample dispositif mythico-rituel destiné d’une part à écarter le mort individuel en « libérant son âme », de l’autre à ramener les morts ayant accédé au statut « d’ancêtre » par des repas de « commémoration ». Les femmes occupent une place centrale, à chacun de ces moments où elles préparent des nourritures et des offrandes pâtissières « pour les morts ». En s’attachant à suivre les modalités de la confection d’un gâteau de blé, la coliva, dont on dit qu’il est « le corps du mort », sa circulation, sa distribution et sa consommation, en s’arrêtant à d’autres tâches réservées elles aussi aux femmes comme la « préparation des tombes », l’article dessine en filigrane un parcours moins linéaire et moins univoque, fait apparaître des partages moins nets entre catégories – corps et âmes ; morts et vivants – et espaces : ici-bas et au-delà ; mémoire et oubli.