Quand la prison s’embrase : révoltes et révoltés carcéraux (Paris, XVIIIe siècle)

L’article aborde les révoltes carcérales trouvées dans les archives du Parlement de Paris et dans les archives de police entre 1700 et 1790. Il a pour objectif, d’abord, de brosser un premier portrait socioéconomique des détenus qui entrent en émeute et, ensuite, de mieux comprendre comment et, surt...

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書誌詳細
出版年:URI:https://journals.openedition.org/chs,
第一著者: Abdela, Sophie
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: Crime, Histoire & Sociétés 2023
オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
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要約:L’article aborde les révoltes carcérales trouvées dans les archives du Parlement de Paris et dans les archives de police entre 1700 et 1790. Il a pour objectif, d’abord, de brosser un premier portrait socioéconomique des détenus qui entrent en émeute et, ensuite, de mieux comprendre comment et, surtout, pourquoi les prisonniers des geôles du XVIIIe siècle se révoltaient. Il s’inscrit ainsi dans le développement de l’historiographie récente qui s’intéresse moins aux institutions d’enfermement elles-mêmes, qu’aux prisonniers qui les subissent, à leur capacité d’action et aux possibilités de résistance qu’ils y développent. À cette fin, le texte porte une attention particulière aux enjeux de la nourriture carcérale, point névralgique de la contestation prisonnière, mais aussi à ceux de la délation et des mouchards, autre cause récurrente de protestation. L’article permet ainsi de mieux comprendre les dynamiques internes des prisons d’Ancien Régime tout en redonnant aux détenus une part d’agentivité au sein même de leur enfermement. En conclusion, le texte fait état de la synchronicité entre certaines grandes émeutes carcérales et des révoltes de rue parisiennes. La prison s’embrase en effet alors même que Paris est secoué par l’affaire des enlèvements d’enfants, ou encore lors de la libéralisation des grains de Turgot. Cette première insertion dans le détail de l’action prisonnière nous invite donc à ne pas penser les révoltes populaires et carcérales en vase clos : peut-être faudrait-il plutôt envisager la prison comme le potentiel prolongement de la rue.