Les enjeux médico-judiciaires de la folie parricide au XVIIIe siècle

Perpétré par un dément, le meurtre dans la parenté est-il excusable, comme les autres homicides ou doit-il être atrocement puni, comme les autres parricides ? Contrairement aux idées reçues, la reconnaissance de l’irresponsabilité pénale en cas de folie ne naît pas avec l’article 64 du Code pénal de...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/chs,
Autor principal: Doyon, Julie
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Crime, Histoire & Sociétés 2013
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:Perpétré par un dément, le meurtre dans la parenté est-il excusable, comme les autres homicides ou doit-il être atrocement puni, comme les autres parricides ? Contrairement aux idées reçues, la reconnaissance de l’irresponsabilité pénale en cas de folie ne naît pas avec l’article 64 du Code pénal de 1810. Reposant sur les minutes d’instruction criminelle du parlement de Paris, cet article montre que la répression du crime rare et atroce de parricide est un creuset de la modernité punitive au XVIIIe siècle. Folie, fureur, démence, imbécilité, mélancolie : à travers le diagnostic de la folie parricide, se négocie l’équilibre entre la défense de l’autorité paternelle et la rationalisation médico-judiciaire de l’irresponsabilité pénale. Enquête sur la vie, les mœurs, le comportement des accusés, enfermement perpétuel des coupables : les cas de folie parricide sont exemplaires des stratégies de mitigation pénale qui se construisent dans l’arbitraire du pouvoir judiciaire au XVIIIe siècle.