La Nōson Seinen Sha, commune anarchiste dans le Japon impérial : théoriser et vivre la révolution (1931)

L’anarchisme et le Japon: pour beaucoup, ces deux termes forment un couple diamétralement opposé. En effet, des stéréotypes bien ancrés, souvent racistes ou du moins fortement orientalistes, décrivent fréquemment le Japon comme l’exemple même d’une société autoritaire, disciplinée et soumise à l’aut...

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Podrobná bibliografie
Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/chrhc,
Hlavní autor: Kramm, Robert
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique 2026
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Shrnutí:L’anarchisme et le Japon: pour beaucoup, ces deux termes forment un couple diamétralement opposé. En effet, des stéréotypes bien ancrés, souvent racistes ou du moins fortement orientalistes, décrivent fréquemment le Japon comme l’exemple même d’une société autoritaire, disciplinée et soumise à l’autorité, voire éprise d’autorité, faisant peu de cas des libertés individuelles et dans laquelle, selon le proverbe, « il faut enfoncer le clou qui dépasse » (deru kugi wa utareru). De tels clichés occultent cependant la longue histoire de l’anarchisme au Japon et son influence considérable sur la société japonaise. Les approches, les débats et les groupes anarcho-communistes, avec leurs idées concrètes et leurs expériences de vie communautaire dans les années 1920 et 1930, telle celle de la Nōson Seinen Sha, sont un exemple parmi tant d’autres de la diversité historique et de l’influence de la pensée et de l’action anarchistes dans ce pays. Il s’agit à la fois d’une forme de protestation, mais aussi, d’une certaine manière, d’une révolution vécue permettant de mettre en lumière cette facette de l’histoire japonaise, ainsi que d’un lieu où ont abouti toute une série de considérations théoriques, de mises en œuvre pratiques et de conflits sociopolitiques. Cet article traite de la communauté anarchiste de la Nōson Seinen Sha et considère ses pratiques d’autogestion et d’autosuffisance dans l’entre-deux-guerres comme une critique, une pratique et une expression de protestation anti-étatique, anticapitaliste et anti-impérialiste.