Commune(s), communards, question coloniale

Dans la saga ouvrière et socialiste, puis plus tard communiste, la Commune de Paris tient, à juste titre, une place de choix. Or, son histoire héroïque et tragique se trouve quasiment à mi-chemin entre deux moments importants du mouvement d’expansion coloniale, la conquête de l’Algérie (1830) et l’a...

Disgrifiad llawn

Wedi'i Gadw mewn:
Manylion Llyfryddiaeth
Cyhoeddwyd yn:URI:https://journals.openedition.org/chrhc,
Prif Awdur: Ruscio, Alain
Fformat: Article ou chapitre numérique
Iaith:Français
Cyhoeddwyd: Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique 2022
Pynciau:
Mynediad Ar-lein:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Disgrifiad
Crynodeb:Dans la saga ouvrière et socialiste, puis plus tard communiste, la Commune de Paris tient, à juste titre, une place de choix. Or, son histoire héroïque et tragique se trouve quasiment à mi-chemin entre deux moments importants du mouvement d’expansion coloniale, la conquête de l’Algérie (1830) et l’achèvement de cette expansion (Maroc, 1912). Les Communards n’eurent évidemment ni le temps ni sans doute la capacité de réfléchir à la question coloniale. Ils y ont pourtant été confrontés à diverses occasions : d’abord par la présence, certes minoritaire, de colonisés sur le pavé parisien en 1871 ; puis, plus tard, lorsque ces « damnés de la terre » en exil croisèrent le destin d’autres victimes, les Kanak (orthographe d’époque : Canaques). Il y eut d’ailleurs, durant cet exil, un épisode tragique : la révolte des colonisés de 1878. Bien des Communards ne comprirent aucunement les raisons – et encore moins les formes – de cette révolte. Certains, hélas, participèrent même à la répression. La grande figure internationaliste de Louise Michel, qui partagea un temps la vie des Kanak et soutint leur lutte, n’en est que plus remarquable.