« Les bourreaux de la littérature » : déstalinisation et décolonisation du champ littéraire dans la parole des écrivains de l’Ouzbékistan soviétique au lendemain du XXe Congrès

En juillet 1956, en son IIIe Plénum, l’Union des écrivains soviétiques d’Ouzbékistan, décimée durant les années trente et brisée durant la campagne contre le cosmopolitisme, aborde pour la première fois de front la question des violences staliniennes et de la mémoire effacée, dans un processus de dé...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/chreecc,
Autor principal: Quénu, Benjamin
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Cahiers d’histoire russe, est-européenne, caucasienne et centrasiatique 2026
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:En juillet 1956, en son IIIe Plénum, l’Union des écrivains soviétiques d’Ouzbékistan, décimée durant les années trente et brisée durant la campagne contre le cosmopolitisme, aborde pour la première fois de front la question des violences staliniennes et de la mémoire effacée, dans un processus de déstalinisation culturelle placé d’emblée sous le signe d’un conflit où les factions paraissent inconciliables. L’article analyse la portée de cette rupture ainsi que les frictions, audaces et hésitations des élites lettrées face aux enjeux de la déstalinisation. Il montre, à partir d’un questionnement aigu quant à la place à donner au sein de la littérature aux victimes réhabilitées, vivantes et défuntes, ainsi qu’aux « bourreaux », comment écrivains et cadres du parti s’engagent dans un processus de redéfinition des rapports à l’autorité centrale et au fait national, apparentant de fait la déstalinisation à une décolonisation.