Tony Manero de Pablo Larraín (2008) ou l’avènement du vide comme esthétique de l’échec
En 2008, le réalisateur chilien Pablo Larraín dirige son second long-métrage intitulé Tony Manero, histoire d’un antihéros, Raúl Peralta. Pablo Larraín parvient à donner trois dimensions à l’échec. Il choisit ici de filmer le vide comme expression d’un échec inéluctable, fils lui-même du néant dans...
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| 格式: | Article ou chapitre numérique |
| 語言: | Français |
| 出版: |
reCHERches
2022
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| 總結: | En 2008, le réalisateur chilien Pablo Larraín dirige son second long-métrage intitulé Tony Manero, histoire d’un antihéros, Raúl Peralta. Pablo Larraín parvient à donner trois dimensions à l’échec. Il choisit ici de filmer le vide comme expression d’un échec inéluctable, fils lui-même du néant dans lequel est plongé le Chili de Pinochet. Grâce à une poétique de l’absence et du blanc, Pablo Larraín met en images la déchirure intérieure de l’Homme et l’avènement du vide voulu par le terrorisme d’État. La poétique de l’échec est tout d’abord effacement des identités nationale et temporelle, tendant alors vers l’a-humain et le monstrueux. Puis, l’échec s’élabore autour d’une dynamique de chiasmes, échos inversés de chaque réalité. L’avènement du vide est célébré quand l’esprit, essayant à son tour d’échapper à cette spirale qu’est l’échec, apprend que le salut ne peut venir d’autrui car la communication est rompue entre les hommes en temps de dictature, il se laisse alors définitivement happer par le vide. La béance de solitude se fait gouffre alors que l’angoisse et la folie s’emparent du protagoniste et du Chili. Mais le néant est parfois moins effrayant que la vie et l’échec propice au crime gratuit. |
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