La discipline contre les violences masculines ?
Depuis les années 2000, en France, se mettent en place des programmes de prévention de la récidive et de responsabilisation à destination des personnes accusées ou condamnées pour violences conjugales, dans leur immense majorité des hommes. Ces programmes prennent le plus souvent la forme de groupes...
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| In: | URI:https://journals.openedition.org/champpenal, |
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| Main Author: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Language: | Français |
| Published: |
Champ pénal/Penal field
2025
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| Subjects: | |
| Online Access: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Depuis les années 2000, en France, se mettent en place des programmes de prévention de la récidive et de responsabilisation à destination des personnes accusées ou condamnées pour violences conjugales, dans leur immense majorité des hommes. Ces programmes prennent le plus souvent la forme de groupes de parole organisés au sein des services pénitentiaires d’insertion et de probation et sont animés par des conseiller∙ère·s de probation et d’insertion pénitentiaire. Les thèmes qui y sont abordés ne se réduisent pas à la violence : le genre et l’intimité en général y sont discutés et problématisés. Ces programmes ont pour objectif d’initier les participants à comprendre les définitions juridiques de la violence et à faire un travail sur eux-mêmes. La critique du « féminisme carcéral » a pointé la collusion entre la lutte contre les violences envers les femmes et un agenda punitif où l’incarcération et la neutralisation sont centrales. La prise en charge des auteurs de violences conjugales s’inscrit également dans un agenda réhabilitatif dont l’objectif de « changer les hommes violents » est partagé par des stratégies féministes et des stratégies pénales. L’ethnographie de ces programmes montre qu’ils reposent sur une conception irénique de la conjugalité souvent en décalage avec les expériences des participants, et plus généralement avec certains aspects de l’organisation sociale de l’intimité. Ils relèvent également d’un régime de signe paranoïaque, où tout devient l’indice d’une personnalité violente, où les participants sont incités à devenir des auteurs de violences conjugales pour ne plus l’être. Cette ethnographie permet ainsi d’interroger le recours à la justice pour lutter contre les violences masculines et l’actualité du disciplinaire. |
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