Face à la radicalisation, ne pas oublier son métier, ne pas décaler ses pratiques
Depuis 2014, des structures médico-sociales ont été intégrées à la prévention de la « radicalisation », une implication qui les place dans une tension entre logique sécuritaire et mission d’accompagnement. Si cette collaboration vise à garantir un continuum entre prévention et répression, elle pose...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/champpenal, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Champ pénal/Penal field
2025
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | Depuis 2014, des structures médico-sociales ont été intégrées à la prévention de la « radicalisation », une implication qui les place dans une tension entre logique sécuritaire et mission d’accompagnement. Si cette collaboration vise à garantir un continuum entre prévention et répression, elle pose des dilemmes éthiques aux professionnel·le·s soucieux·ses de préserver leur autonomie et leur cadre déontologique. Face aux biais islamophobes du cadrage de cette politique porté par les institutions étatiques, ces acteur·trice·s développent une lecture clinique de la radicalisation. En la liant à la souffrance psychique et aux vulnérabilités individuelles, ils et elles tentent de se distancer des logiques répressives en valorisant une approche thérapeutique et éducative. Ce recodage n’est pas exempt de contradictions : bien que ces structures refusent une approche répressive, elles acceptent des saisines basées sur des marqueurs religieux ou culturels, contribuant ainsi à l’élargissement du champ de la surveillance et à la pérennisation d’un cadre qu’elles jugent pourtant problématique. Dépendantes des financements publics, ces institutions sont contraintes de composer avec les attentes sécuritaires tout en revendiquant une prévention sociale. Ce paradoxe révèle une hybridation des pratiques médico-sociales, où l’accompagnement devient un outil de régulation des comportements perçus comme déviants. Cette évolution interroge la place du médico-social dans les politiques publiques : en prétendant s’émanciper du cadre sécuritaire, ces structures en renforcent paradoxalement les effets, contribuant à normaliser une surveillance accrue sous couvert de soin et de prévention. |
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