Vers une sociologie des aristocrates déclassés

Le déclassement d'une fraction assez importante des aristocrates est à la fin du XXe siècle difficile à appréhender. Il est dilué, éclaté, et les professions exercées par les aristocrates déclassés sont très variées ; en outre, ceux qui vivent le déclassement éludent les questions s'ils so...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/ch,
1. Verfasser: Saint-Martin (de), Monique
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Cahiers d’histoire 2009
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Le déclassement d'une fraction assez importante des aristocrates est à la fin du XXe siècle difficile à appréhender. Il est dilué, éclaté, et les professions exercées par les aristocrates déclassés sont très variées ; en outre, ceux qui vivent le déclassement éludent les questions s'ils sont interrogés sur leurs activités ou leurs ressources et les descendants de la noblesse font le silence sur les membres de leur famille occupant des positions jugées indignes. Différentes contraintes : désagrégation de l'espace de la noblesse, diminution du patrimoine et des revenus, faillite économique, non diversification des ressources détenues, tensions sur le marché de l'emploi, accidents et ruptures biographiques, indifférence complète par rapport aux études, vieillissement, situation de quasi enfermement, etc., parfois leurs effets et entraînent d'autant plus souvent le déclassement que les aristocrates concernés sont souvent engagés dans des processus conflictuels. Face au déclassement, les réactions de ces derniers sont multiples, et vont de la surenchère sur les valeurs morales les plus intégristes et conservatrices à la pratique d'activités secrètes ou à l'indifférence, parfois aussi à la recherche d'une revanche ; les déclassements peuvent être suivis de reclassements ou au contraire se prolonger. Le déclassement n'est pas donné une fois pour toutes et il n'existe pas de seuil ou de critère permettant de préciser à partir de quand un aristocrate est un déclassé.