Renouveau gengiskhanide et nationalisme dans la Mongolie postcommuniste

A l'époque communiste, un choix sélectif des spécificités culturelles mongoles avait été mis en valeur par le gouvernement, sous une forme folklorisée, dans un but de glorification nationale au sein du bloc pro-soviétique. Dès les premiers mois suivant la chute du régime populaire, au début de...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/cemoti,
Auteur principal: AUBIN, Françoise
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Cahiers d’études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien 2004
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:A l'époque communiste, un choix sélectif des spécificités culturelles mongoles avait été mis en valeur par le gouvernement, sous une forme folklorisée, dans un but de glorification nationale au sein du bloc pro-soviétique. Dès les premiers mois suivant la chute du régime populaire, au début de 1990, les traditions ont été revivifiées, fréquemment sous un aspect plus folklorisé encore que durant les décennies précédentes. Gengis-Khan, le "Conquérant du monde" au XIIIe siècle, est désormais vénéré comme divinité protectrice de la nation, et c'est sous son égide que s'opère un rassemblement identitaire politique. Le bouddhisme a profité de la liberté religieuse pour se développer à vive allure et se faire le porteur d'une identité ethnique (khalkha), tandis que l'islam joue le même rôle dans l'ouest du pays, chez les Khazaks, des turcophones. La Chine utilise sa propre population mongole pour promouvoir la vente de ses produits en République mongole; mais elle entre là en concurrence avec les Japonais chez qui joue, à côté du sens des affaires, un appel romantique pour une terre qu'ils considèrent comme le berceau de leur race.