Le sel de l’abbaye de Condat (Jura) aux viie-viiie siècles. À propos d’une addition infrapaginale d’un codex du vie-viie siècle
Dans une marge infrapaginale du codex Paris, Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Latin 9550, qui contient des œuvres religieuses d’Eucher (370-449), évêque de Lyon, copiées aux vie-viie siècles, ont été écrites, aux viie-viiie siècles, trois lignes, signalées en 1896 et en...
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| 格式: | Article ou chapitre numérique |
| 語言: | Français |
| 出版: |
Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA
2026
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| 總結: | Dans une marge infrapaginale du codex Paris, Bibliothèque nationale de France, Département des manuscrits, Latin 9550, qui contient des œuvres religieuses d’Eucher (370-449), évêque de Lyon, copiées aux vie-viie siècles, ont été écrites, aux viie-viiie siècles, trois lignes, signalées en 1896 et en 1950 par deux auteurs, qui font allusion à du sel produit à Noirmoutier. En 1970 et en 1975, P. Gasnault les présente comme une comptabilité sur du sel venant de cette île. Dans sa thèse sur l’Aquitaine aux ve-viiie siècles, soutenue en 1976, Michel Rouche présente brièvement ces lignes comme marquant un achat de 400 livres de sel du marais du monastère de Noirmoutier, une affirmation reprise ensuite par divers auteurs. En 2008, Louis Holtz publie une étude approfondie de ce codex et apporte beaucoup d’éléments nouveaux et importants sur ce manuscrit. Dès la fin du xviie siècle, Jean Mabillon, qui connaissait ces lignes, avait considéré que les aereas monasterii eriense qu’elles évoquent désignaient l’abbaye de Noirmoutier, mais son contemporain le jésuite Pierre-François Chifflet, spécialiste de l’histoire religieuse médiévale du Jura, avait fait un rapprochement resté inédit jusqu’au xxe siècle entre ce toponyme et le pagus Heriensis situé dans l’actuel canton d’Arbois (Jura). En fait, cette notice adventice évoque du sal coctile, c’est-à-dire du sel ignifère, caractéristique de l’exploitation de sources salées comme celles du Jura. Des fouilles très récentes prouvent l’exploitation de telles sources aux ve-viie siècles à Grozon (Jura), ce que confirment des textes du viiie siècle. |
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