Héros malgré lui : le bureau de la signature du traité de Versailles

Cet article se propose de revenir sur l’histoire insolite d’un bureau, à première vue banal, du XVIIIe siècle, conservé dans les collections du château de Versailles depuis 1914 : attribué à l’ébéniste Charles Cressent (1685-1768), ce meuble n’a pas d’existence connue avant 1863, date à laquelle il...

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Τόπος έκδοσης:URI:https://journals.openedition.org/cel,
Κύριος συγγραφέας: Khelil, Claire Bonnotte
Μορφή: Article ou chapitre numérique
Γλώσσα:Français
Έκδοση: Les Cahiers de l'École du Louvre 2024
Θέματα:
Διαθέσιμο Online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Περιγραφή
Περίληψη:Cet article se propose de revenir sur l’histoire insolite d’un bureau, à première vue banal, du XVIIIe siècle, conservé dans les collections du château de Versailles depuis 1914 : attribué à l’ébéniste Charles Cressent (1685-1768), ce meuble n’a pas d’existence connue avant 1863, date à laquelle il est envoyé au Palais de Compiègne. Après être passé au Mobilier national, puis au musée du Louvre, c’est à Versailles que son histoire prend une tournure inattendue : le 28 juin 1919, il devient le « bureau de la signature », lors de la cérémonie du traité de paix mettant fin à la Première Guerre mondiale. Dès lors, il sort de l’anonymat et accède à la notoriété dans les années 1920-1930, notamment à la faveur de cartes postales médiatisant l’événement. En dépôt sous étroite surveillance au château de Chambord de 1939 à 1945, en raison de l’intérêt que lui portent les autorités allemandes, il revient à la fin du conflit dans son giron versaillais. Exposé durant de nombreuses années dans le salon du Conseil, au sein du circuit des Grands Appartements, il est aujourd’hui présenté dans la nouvelle galerie d’histoire du château, inaugurée au mois de septembre 2023. Symbole de la Première Guerre mondiale, et désigné depuis 1919 par ce seul et unique prisme, ce meuble présente une trajectoire comparable à celle d’un acteur de cinéma : un parfait inconnu, propulsé quelques heures sous les feux de la rampe diplomatique, en tire une célébrité internationale, sensible encore 100 ans après les faits.