Le portrait chez les Goncourt

Le portrait chez les Goncourt est emblématique de l’articulation de deux champs, plastique et littéraire, qui ont nourri la réflexion esthétique des deux frères. Le portrait est le creuset des travaux de ces polygraphes, dessinateurs, aquarellistes. Ce second dix-neuvième siècle est envahi de portra...

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Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/cejdg,
Autore principale: Laville, Béatrice
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Cahiers Edmond et Jules de Goncourt 2025
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Le portrait chez les Goncourt est emblématique de l’articulation de deux champs, plastique et littéraire, qui ont nourri la réflexion esthétique des deux frères. Le portrait est le creuset des travaux de ces polygraphes, dessinateurs, aquarellistes. Ce second dix-neuvième siècle est envahi de portraits sous des formes diverses à l’époque de la sacralisation de l’individu. Par le portrait, il s’agit de créer l’illusion d’une présence d’un sujet inscrit dans une appartenance sociale, culturelle avec ses codes esthétiques. Cette présence de l’absent que suggère le portrait crée une fascination pour un objet énigmatique et mystérieux parfois, que la littérature fantastique a magnifiée. Pour les Goncourt, le portrait doit la fidélité à un modèle, la ressemblance des traits est essentielle tout comme le regard, véritable reflet de l’âme. Il faut faire advenir l’en-dedans et débusquer les faux-semblants. Il y a donc une parenté entre le travail du portraitiste et celui de l’écrivain. Le monde est pour eux un réservoir de portraits dont ils font une saisie empathique ou distanciée, fantaisiste ou ironique, parfois jusqu’à la caricature, ou la déstructuration. Du typique au singulier, du détail au général, le portrait est le réflecteur d’une humanité « ondoyante », ainsi que des valeurs éthiques de l’œuvre. Bien que décriant l’engouement bourgeois pour le portrait qui acquiert plus une valeur marchande qu’esthétique, les Goncourt ont eu soin d’user de celui-ci sous toutes ses formes (même photographié) afin de s’assurer une reconnaissance à perpétuité.