Traduire les lointains, écrire l’Europe : traductions françaises d’ouvrages italiens sur le monde au milieu du xvie siècle

Au cours du xvie siècle, la péninsule italienne a joué un rôle central dans la fabrique et la diffusion des savoirs relatifs au mouvement d’expansion européenne dans le monde. Une grande partie des ouvrages rendant compte des « grandes découvertes » ont ainsi été conçus et édités à Rome, Venise, Mil...

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Julkaisussa:URI:https://journals.openedition.org/cei,
Päätekijä: Goldman, Oury
Aineistotyyppi: Article ou chapitre numérique
Kieli:Français
Julkaistu: Cahiers d’études italiennes 2020
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Linkit:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Yhteenveto:Au cours du xvie siècle, la péninsule italienne a joué un rôle central dans la fabrique et la diffusion des savoirs relatifs au mouvement d’expansion européenne dans le monde. Une grande partie des ouvrages rendant compte des « grandes découvertes » ont ainsi été conçus et édités à Rome, Venise, Milan ou Florence. Une fois ces livres imprimés, certains d’entre eux ont fait l’objet de traductions dans diverses langues européennes, notamment en français, qui ont prolongé leur circulation tout en modifiant leur portée. Deux cas d’étude permettent d’apprécier les logiques à l’œuvre dans cette médiation et leur contribution au façonnement de l’Europe : les traductions à Lyon dans la décennie 1550 des Navigationi et viaggi, recueil de récits de voyages compilé par le Vénitien Giovanni Battista Ramusio (1485-1557) et celle des Historiarum sui temporis de Paolo Giovio (1483-1552). Ces exemples permettent d’interroger le rôle des imprimeurs-libraires pour offrir à leur clientèle un savoir nouveau sur les lointains de l’Europe. Le processus de traduction permet d’étudier les différents mécanismes d’identification à cette geste de l’expansion « européenne », à travers les différents filtres de la mise en livre entre France et Italie. Dès lors, étudier la traduction et la circulation d’informations sur les lointains de l’Europe depuis l’Italie vers le royaume de France permet à la fois de voir comment se construit intellectuellement l’idée d’Europe au sein d’une définition renouvelée du monde, et d’étudier comment ces traductions constituent elles-mêmes des circulations matérielles qui dessinent un espace européen intégré et connecté.