Pourquoi la tragédie finit mal ? Analyse des dénouements dans quelques tragédies de la première modernité

Aristote, dans la Poétique, n’a pas mis l’accent sur le dénouement malheureux de la tragédie, mais sur d’autres aspects, tels que la condition noble des personnages et le style élevé. Comment se fait-il, alors, que dans les écrits théoriques italiens de la Renaissance et du xviie siècle, la tragédie...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/cei,
1. Verfasser: Zanin, Enrica
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Cahiers d’études italiennes 2014
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Beschreibung
Zusammenfassung:Aristote, dans la Poétique, n’a pas mis l’accent sur le dénouement malheureux de la tragédie, mais sur d’autres aspects, tels que la condition noble des personnages et le style élevé. Comment se fait-il, alors, que dans les écrits théoriques italiens de la Renaissance et du xviie siècle, la tragédie soit définie essentiellement en termes d’issue funeste ? Les premiers commentateurs et traducteurs italiens de la Poétique sont responsables de cet infléchissement de la pensée d’Aristote. Ceux-ci firent immédiatement école car leur conception de la tragédie fut reprise par les commentateurs espagnols et français. À l’origine de cette surévaluation de la fin malheureuse de la tragédie il y a les grammairiens latins du ive siècle Diomède et Évanthius qui ont défini la tragédie non pas à partir de son style, mais de son sujet. La définition de la tragédie proposée par les grammairiens du ive siècle s’est imposée parce qu’elle dépassait le contexte poétique pour investir la réflexion philosophique et morale. Quand à la fin du xiiie siècle sont redécouvertes les tragédies de Sénèque, leur compréhension se fonde sur cet imaginaire. L’Orbecche de Giraldi Cinzio (1541), modèle de tragédie aristotélicienne, est en réalité profondément influencée par la notion du tragique élaborée au Moyen Âge, ainsi que le montrent ses longues tirades et ses déclamations sentencieuses et moralisantes.