L’« ironie catastrophique » de Reinhard Jirgl dans Renégat. Roman du temps nerveux (2005)
Catastrophe et ironie se fondent toutes deux sur un découplage entre l’apparence et la réalité. Par le bouleversement qu’elle implique, la catastrophe dévoile en effet l’envers des situations habituelles ; par son intention moqueuse, l’ironie confère, elle, un autre sens aux locutions convenues. Rap...
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| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/ceg, |
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| Autor Principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
Cahiers d’études germaniques
2018
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| Sujets: | |
| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Catastrophe et ironie se fondent toutes deux sur un découplage entre l’apparence et la réalité. Par le bouleversement qu’elle implique, la catastrophe dévoile en effet l’envers des situations habituelles ; par son intention moqueuse, l’ironie confère, elle, un autre sens aux locutions convenues. Rapprochant les deux, l’écrivain Reinhard Jirgl a forgé dans deux essais de Land und Beute (2008) le concept d’« ironie catastrophique », qu’il définit comme opposition et complément de l’ironie-divertissement. L’histoire allemande récente est riche en catastrophes de nature ironique, comme la chute du Mur, événement heureux, derrière lequel se tient tapi l’effondrement des grands référentiels, ou encore la Shoah, catastrophe indépassable, que les mémoriaux berlinois embourgeoisent avec une ironie atroce. Dans son roman Abtrünnig (2005), Jirgl met l’ironie de ces catastrophes historiques et architecturales en relation avec celle qui affecte le destin de l’« homme-chantier » contemporain, « sans travail, sans patrie, sans repos », ou encore sa propre langue chamboulée. |
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