Guerre et journalisme culturel : les variantes du “feuilleton” durant la Première Guerre

Certaines pages culturelles parues dans les quotidiens et hebdomadaires allemands et autrichiens entre 1914 et 1918 ont été rédigées par des journalistes qui ont été dépêchés sur le front par leurs rédactions, ou quiont demandé à l’être. Leurs articles relèvent du genre du « feuilleton » qui traditi...

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In:URI:https://journals.openedition.org/ceg,
Main Author: KNOPPER, Françoise
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: Cahiers d’études germaniques 2017
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Certaines pages culturelles parues dans les quotidiens et hebdomadaires allemands et autrichiens entre 1914 et 1918 ont été rédigées par des journalistes qui ont été dépêchés sur le front par leurs rédactions, ou quiont demandé à l’être. Leurs articles relèvent du genre du « feuilleton » qui traditionnellement se devait d’être plaisant, léger et élégant. Ils consistaient soit en une suite d’épisodes, soit en articles autonomes, relevant de la catégorie des formes narratives brèves, reportages, comptes rendus, nouvelles. Tout en empruntant leur cadre formel au discours journalistique, ils transposaient, interprétaient, esthétisaient le quotidien. Cet article examine comment les feuilletonistes ont géré la touche de raffinement inhérente au feuilleton culturel dans un environnent où planaient la tension, l’angoisse, le danger, et s’ils comblaient éventuellement un déficit informatif en s’accordant un peu de liberté malgré la censure. La porosité des deux registres, celui du discours journalistique et celui de l’évasion esthétique, plaçait-elle les auteurs dans un entre-deux, leur servait-elle de garde-fou, ou bien toute neutralité était-elle au contraire incompatible avec ces temps de guerre ? Les auteurs de ces feuilletons veillent à être des sortes d’agents de liaison, à transmettre des informations au front de l’arrière. Certains se placent délibérément au service de la propagande, le journaliste prolongeant le conflit des armes par la guerre des mots. D’autres ont des positions intermédiaires, patriotiques mais non bellicistes. Les pacifistes patentés étaient quant à eux publiés dans des revues littéraires.