Les raisons du faible usage des résultats d’évaluation externe par les enseignants. Étude croisée dans trois contextes éducatifs

L’évaluation des apprentissages des élèves n’est aujourd’hui plus uniquement interne à la classe (au niveau micro), elle est aussi externe et à grande échelle (au niveau macro). Avec les nouveaux modes de gouvernance des systèmes éducatifs, ces deux niveaux se rencontrent. Il est attendu des enseign...

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發表在:URI:https://journals.openedition.org/ced,
主要作者: Yerly, Gonzague
格式: Article ou chapitre numérique
語言:Français
出版: Contextes et didactiques 2019
主題:
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實物特徵
總結:L’évaluation des apprentissages des élèves n’est aujourd’hui plus uniquement interne à la classe (au niveau micro), elle est aussi externe et à grande échelle (au niveau macro). Avec les nouveaux modes de gouvernance des systèmes éducatifs, ces deux niveaux se rencontrent. Il est attendu des enseignants qu’ils prennent en compte les résultats d’épreuves externes afin d’améliorer leurs pratiques. Toutefois, la littérature montre un faible usage de ces données externes sur le terrain. Notre analyse du regard de 41 enseignants (entretiens semi-directifs) issus de trois juridictions distinctes quant à leur dispositif et à leur politique d’évaluation externe – au Québec, en Ontario et en Suisse – permet d’identifier les raisons de ce « découplage » spécifique. Notre analyse semi-inductive s’inspire du concept de « validité unifiée d’un test » de Messick (1989) pour comprendre le point de vue des enseignants. Notre analyse montre que le faible usage des résultats d’évaluation externe peut s’expliquer par le fait que les enseignants des trois contextes étudiés accordent peu de validité(s) à ces données externes. Les enseignants remettent en cause non seulement la mesure à large échelle, mais aussi le manque d’implication pratique des résultats d’évaluation externe et leurs conséquences sur les acteurs de l’École. Des différences sont identifiées, liées à certaines caractéristiques des dispositifs d’évaluation externe (finalités, suivi, conséquences) et au profil des enseignants (ancienneté professionnelle, confrontation directe aux tests). Finalement, alors que l’évaluation des acquis des élèves est devenue un enjeu aussi bien politique que pédagogique, notre contribution montre que, aux yeux des enseignants, les différentes approches d’évaluation (interne et externe) sont trop éloignées. D’importantes dissonances les séparent tant sur le plan de leurs méthodes, de leurs usages et de leurs finalités.