La créolistique : arguments pour une approche sociohistorique

Les langues créoles appartiennent à la catégorie plus générale des langues de contact, qui inclut aussi les pidgins. Cette contribution vise à déterminer dans quelle mesure il est possible de définir l’objet de la créolistique en tant que champ de recherches linguistiques spécifique. L’objectif est...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/ced,
Autor Principal: Watbled, Jean-Philippe
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Contextes et didactiques 2021
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Les langues créoles appartiennent à la catégorie plus générale des langues de contact, qui inclut aussi les pidgins. Cette contribution vise à déterminer dans quelle mesure il est possible de définir l’objet de la créolistique en tant que champ de recherches linguistiques spécifique. L’objectif est de montrer que l’approche synchronique et typologique risque de mener à une impasse dans la mesure où il est difficile de prouver que les créoles possèdent des structures ou propriétés distinctives susceptibles de les différencier des autres langues, ou de les identifier comme créoles de façon certaine. Des arguments en faveur d’une approche sociohistorique, et donc diachronique, seront présentés, l’hypothèse défendue étant que les langues créoles sont mieux caractérisées comme résultant d’un processus cognitif complexe d’interprétation des données et de restructurations et reconstruction de la langue cible par les esclaves, plus précisément de la langue de ceux qui se sont livrés à la colonisation et à l’esclavage. Dans le but de démontrer la validité de la thèse qui est défendue ici, des caractéristiques intéressantes et pertinentes du créole réunionnais seront examinées. Quelques propriétés d’autres langues de contact, notamment le créole mauricien, l’afrikaans, et des pidgins de l’océan Pacifique, seront également présentées, afin de mettre en évidence les différences entre parlers exogènes et parlers endogènes. Enfin, en liaison avec ce qui précède, on traitera de la question de l’écart entre, d’une part, les représentations idéologiques des créoles et, d’autre part, une méthode scientifique valide et adéquate, la frontière entre les deux étant reconnue comme floue.