L’urbanité barbare. Ville, désert et féminicides dans l’œuvre de Roberto Bolaño

Cet article s’attache à mettre en évidence les liens de nature qui unissent la ville et le désert, deux espaces géographiques et symboliques apparemment antithétiques au plus haut point, dans l’œuvre romanesque de Roberto Bolaño. Dans un contexte géopolitique et migratoire mondialisé, la ville front...

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Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/cecil,
Yazar: Ibáñez-Drillières, Louise
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: Cahiers d’études des cultures ibériques et latino-américaines 2022
Konular:
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Özet:Cet article s’attache à mettre en évidence les liens de nature qui unissent la ville et le désert, deux espaces géographiques et symboliques apparemment antithétiques au plus haut point, dans l’œuvre romanesque de Roberto Bolaño. Dans un contexte géopolitique et migratoire mondialisé, la ville frontalière de Santa Teresa – double littéraire de Ciudad Juárez – cristallise les passages du sud du continent américain vers les États-Unis : ce sas migratoire constitue, en l’occurrence, le décor semble-t-il consubstantiel de milliers de féminicides. Si la ville se présente traditionnellement comme l’incarnation géographique et comme la réalisation spatiale d’une forme d’achèvement politique et civilisationnel, l’œuvre de Bolaño confronte son lecteur à la débâcle des prétentions civiles de la cité. Pour tenter d’expliquer le paradoxe d’une urbanité barbare, cet article se propose d’élucider la manière dont Santa Teresa apparaît poétiquement construite comme l’incubateur topologique du mal absolu dans les romans de l’écrivain chilien.