Témoignages écrits à propos des populations grecques d’Asie Mineure et de Constantinople : une lecture double

Au début du xxie siècle, la société grecque montre de l’intérêt pour les populations grecques qui vivaient en Asie Mineure jusqu’en 1922 et à Istanbul jusqu’en 1964. De cet intérêt témoignent des éditions‑souvenirs, des émissions et des publications dans les médias de masse, des commémorations comme...

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Uloženo v:
Podrobná bibliografie
Vydáno v:URI:https://journals.openedition.org/ceb,
Hlavní autor: Thanopoulou, Maria
Médium: Article ou chapitre numérique
Jazyk:Français
Vydáno: Cahiers balkaniques 2018
Témata:
On-line přístup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Popis
Shrnutí:Au début du xxie siècle, la société grecque montre de l’intérêt pour les populations grecques qui vivaient en Asie Mineure jusqu’en 1922 et à Istanbul jusqu’en 1964. De cet intérêt témoignent des éditions‑souvenirs, des émissions et des publications dans les médias de masse, des commémorations comme des études historiques. Elles constituent des formes de survie et d’alimentation de la mémoire collective et scellent des représentations dominantes pour leur histoire sociale et culturelle. Le monde de l’imprimé, en particulier, dispose d’une large variété de textes – essais, romans, textes autobiographiques, témoignages –, qui touchent à l’histoire de ces populations et se rapportent principalement à la Catastrophe d’Asie Mineure, aux persécutions des Grecs d’Istanbul et à l’installation des réfugiés en Grèce.En utilisant, à titre d’exemples, des témoignages précis, ce texte cherche à montrer leur signification à plusieurs niveaux. Outre le fait qu’ils se situent aux frontières entre la littérature et l’histoire, ces témoignages se trouvent souvent aux limites entre l’histoire officielle et non officielle, entre l’histoire des grands événements et celle de la vie quotidienne. Ils ont pour base le vécu, qu’il soit personnel ou transmis à l’écrivain par les récits d’autres personnes. Aussi s’offrent‑ils comme des sources qui peuvent montrer différents aspects de la coexistence des populations grecques avec d’autres groupes humains. Néanmoins, les témoignages écrits constituent des formes de mémoire collective et comprennent tous les processus sociaux complexes qui ont contribué à la formation, la reproduction et la mise en avant de cette mémoire. C’est pourquoi leur emploi comme sources ne peut être séparé de la compréhension de ces processus.Notre lecture personnelle tentera d’approcher ces témoignages selon deux points de vue. D’abord, en les considérant comme une forme de mémoire collective, on s’efforcera de se concentrer sur trois questions : la relation entre mémoire personnelle et collective, la relation entre mémoire écrite et orale, les fonctions sociales que remplissent leur écriture et publication. Ensuite, en les considérant comme une source possible de renseignements sur ces populations, on montrera le contenu thématique de cette mémoire, en mettant l’accent sur la coexistence avec les autres groupes. Cette double lecture conduira à se poser des questions sur la mise en valeur future de ces témoignages par les chercheurs.