Islam hétérodoxe et christianisme en Grèce
En Europe du Sud-Est, l’alévisme et le bektachisme représentent deux courants étroitement liés, dont les racines plongent dans l’histoire ottomane de la région. Inscrit dans la tradition musulmane soufie, reprenant des éléments du chiisme, l’alévisme combine des influences variées, parmi lesquelles...
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| Publicat a: | URI:https://journals.openedition.org/ceb, |
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| Autor principal: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicat: |
Cahiers balkaniques
2017
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| Accés en línia: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumari: | En Europe du Sud-Est, l’alévisme et le bektachisme représentent deux courants étroitement liés, dont les racines plongent dans l’histoire ottomane de la région. Inscrit dans la tradition musulmane soufie, reprenant des éléments du chiisme, l’alévisme combine des influences variées, parmi lesquelles le chamanisme. En Grèce, ce courant religieux est représenté en Thrace, dans un espace culturel gréco-turco-bulgare. Quelques communautés résident en milieu montagneux et limitrophe, au nord des départements de Xanthi et de l’Évros. Cultivant une mémoire communautaire, les alévis de Thrace semblent aujourd’hui tiraillés entre repli, assimilation au sunnisme, sécularisation et reconstitution de réseaux transfrontaliers. Peu connus en Grèce, les alévis ont souvent été envisagés sous le prisme du christianisme par la littérature hellénophone en sciences sociales, suivant en cela les thèses d’orientalistes européens des xix-xxe siècles. Longtemps ignorés ou méprisés en tant que communauté spécifique, les bektachis de Thrace sont au contact du nationalisme turc – promu par des acteurs locaux ou internationaux – mais aussi de réseaux alévis transétatiques récemment revitalisés. Une confrontation scolaire survenue au début du xxie siècle dans un village alévi et largement pomaque permet d’observer ces jeux entre identité et altérité religieuse, discours nationaux et instrumentalisations. Cette étude de cas – où s’articulent logiques locales, nationales et politique internationale – rappelle que l’islam demeure, en Grèce, une question sensible. |
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