« Les défunts attendent… » la mémoire traumatisante de l’hellénisme en Anatolie ottomane dans les débats publics grecs après le traité de Lausanne

Résumé : l’objectif de cet article est d’esquisser une généalogie de la gestion de la mémoire traumatisante des réfugiés chrétiens grec-orthodoxes de l’Anatolie dans les discussions historiographiques et publiques au sein de la société grecque après 1923. Cette mémoire renvoie à la fois à la violenc...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/ceb,
Auteur principal: Pitsos, Nicolas
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Cahiers balkaniques 2024
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Résumé:Résumé : l’objectif de cet article est d’esquisser une généalogie de la gestion de la mémoire traumatisante des réfugiés chrétiens grec-orthodoxes de l’Anatolie dans les discussions historiographiques et publiques au sein de la société grecque après 1923. Cette mémoire renvoie à la fois à la violence physique qu’ils ont subie par les Jeunes-Turcs et les kémalistes pendant la période 1914-1922 ainsi qu’aux politiques de discrimination et d’exclusion sociale rencontrées après leur installation en Grèce. Cette mémoire véhiculée pendant longtemps dans le milieu familial et associatif investit l’espace public à partir des années 1980. À cette occasion, la « success-story » d’une intégration harmonieuse au sein de la société grecque est remise en question. Par ailleurs, les porteurs de cette mémoire militent pour la reconnaissance du caractère génocidaire des politiques de déportation et d’extermination en Anatolie entre 1914 et 1922. Deux lois sont votées dans ce sens par le Parlement grec en 1994 et en 1998. Les débats opposant défenseurs et détracteurs cristallisent des crispations au sein de la société grecque autour de la perception de ce passé et donnent lieu à des batailles mémorielles et à l’instrumentalisation de la mémoire.