De l'honorable ennemi au compagnon de fortune

Dans la culture hongroise, 150 ans de proche cohabitation avec l'Empire ottoman ont laissé d'innombrables traces. En littérature, la richesse relative en documents ne nous permet que de frôler la « question turque ». Nous proposons ici une récurrence fondamentale, l’honneur et tout particu...

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In:URI:https://journals.openedition.org/ceb,
Main Author: Mate, Györgyi
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: Cahiers balkaniques 2012
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Dans la culture hongroise, 150 ans de proche cohabitation avec l'Empire ottoman ont laissé d'innombrables traces. En littérature, la richesse relative en documents ne nous permet que de frôler la « question turque ». Nous proposons ici une récurrence fondamentale, l’honneur et tout particulièrement la parole donnée. Cette problématique peut être envisagée selon trois axes. Les engagements personnels – politiques et militaires – ; la question des conversions, recoupant le domaine de la religion ; le fonctionnement de la cohabitation, plus complexe. Les textes illustrant ces trois approches sont d'une grande diversité. Les mémoires d'esclave ou les chants épiques y tiennent une place égale avec le roman du XIXe siècle. L'image de l'Empire ottoman a subi une métamorphose considérable au cours des siècles en Hongrie. Au quinzième siècle, un des premiers témoignages européens présente un régime bien ordonné, dont les valeurs morales constituent un exemple à suivre pour la chrétienté. Vers le milieu du XVIe siècle, Hans Dernschwam ne trouve dans l'Empire que des « bizarreries ridicules et vicieuses ». Au même moment, les chansons de geste de Tinódi montrent le sultan Soliman en ennemi redouté des puissances occidentales. Un siècle plus tard, le poète Miklós Zrínyi sublime ce monarque en figure légendaire. Le XIXe siècle ouvre deux nouvelles voies : le romantisme de Jókai peint une âme profonde et orientale ; le réalisme de Tömörkény s’intéresse aux petites gens. Le XXe siècle exploite le sujet ottoman tout en hésitant entre l'image de l'ennemi séculaire, et celle d’une cohabitation paisible des deux peuples.