Neurotechnologies invasives : agentivité et responsabilité morale

Le présent article explore certains enjeux éthiques et philosophiques des neurotechnologies invasives, en particulier les interfaces neuronales couplées à une intelligence artificielle. Ces dispositifs, conçus pour compenser, améliorer ou suppléer certaines fonctions cognitives et motrices, paraisse...

وصف كامل

محفوظ في:
التفاصيل البيبلوغرافية
الحاوية / القاعدة:URI:https://journals.openedition.org/cdst,
المؤلف الرئيسي: Fourneret, Éric
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: Cahiers Droit, Sciences & Technologies 2026
الموضوعات:
الوصول للمادة أونلاين:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
الوصف
الملخص:Le présent article explore certains enjeux éthiques et philosophiques des neurotechnologies invasives, en particulier les interfaces neuronales couplées à une intelligence artificielle. Ces dispositifs, conçus pour compenser, améliorer ou suppléer certaines fonctions cognitives et motrices, paraissent modifier profondément la relation entre intention, délibération et action. Pour l’explorer, nous retiendrons, ici, trois conceptions du libre arbitre : l’auto-perfectionnement (capacité à discerner les bonnes raisons d’agir), l’auto-détermination (construction progressive de la volonté à partir de choix passés), et l’auto-formation (possibilité de générer une volonté nouvelle, indépendante du passé). Les interfaces neuronales invasives peuvent en effet fragiliser chacune de ces dimensions en anticipant, modulant ou automatisant certaines décisions, rendant floue la responsabilité morale de l’agent humain. Pour cette raison, l’article souligne la nécessité d’une responsabilité distribuée , impliquant concepteurs, usagers et institutions, et introduit la notion de care-veillance  pour encadrer la co-agentivité humain-machine. Enfin, il propose une méthodologie de « Value Sensitive Design », afin d’intégrer les valeurs humaines (confiance, autonomie, intimité cognitive) dès la conception technologique. L’enjeu n’est pas seulement technique ou médical, mais aussi existentiel : préserver l’agentivité humaine dans un monde où la frontière entre cognition et algorithme devient poreuse.