La démocratie est-elle le règne de l’ignorance ?

Notre contribution met en lumière les limites de l’idéal épistocratique qui est lui-même fondé sur l’ignorance de ce qui constitue le fondement de la modernité juridique et politique : le non-cognitivisme éthique qui plonge ses racines non pas chez Platon, mais dans la théologie judéo-chrétienne. Pa...

Descrizione completa

Salvato in:
Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/cdst,
Autore principale: Viala, Alexandre
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Cahiers Droit, Sciences & Technologies 2025
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Notre contribution met en lumière les limites de l’idéal épistocratique qui est lui-même fondé sur l’ignorance de ce qui constitue le fondement de la modernité juridique et politique : le non-cognitivisme éthique qui plonge ses racines non pas chez Platon, mais dans la théologie judéo-chrétienne. Parce que la vérité, dans le domaine des valeurs, est inaccessible à l’entendement, la raison ne peut qu’établir des vérités de fait ou des vérités logiques. De cette méta-éthique non cognitiviste, l’homme en tire une force qui consiste à ne devoir son salut qu’à la fermeté de sa volonté. Tel est l’enseignement majeur du doute cartésien qui implique la souveraineté de l’homme en vue d’établir ce qui doit être. Sachant que ce qui doit être n’est ni vrai ni faux, mais valide, seul l’échange démocratique des arguments permet de le prescrire. L’ignorance est donc l’un des fondements essentiels de la démocratie et l’antidote du dogmatisme qui repose, tout au contraire, sur l’illusion épistocratique de la connaissance possible de vérités normatives.