Des rayons et des ombres. Latinité, littérature et réaction en France (1880-1940)

Cet article traite des relations qu’ont pu entretenir le fascisme et la latinité sous l’angle esthétique, en rapprochant de manière contrastive deux massifs littéraires liant théorie et fiction : d’une part, un corpus « fin-de-siècle » composé d’œuvres de Joséphin Péladan, Maurice Barrès et Paul Ada...

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الحاوية / القاعدة:URI:https://journals.openedition.org/cdlm,
المؤلف الرئيسي: Al-Matary, Sarah
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: Cahiers de la Méditerranée 2018
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الملخص:Cet article traite des relations qu’ont pu entretenir le fascisme et la latinité sous l’angle esthétique, en rapprochant de manière contrastive deux massifs littéraires liant théorie et fiction : d’une part, un corpus « fin-de-siècle » composé d’œuvres de Joséphin Péladan, Maurice Barrès et Paul Adam ; de l’autre, un ensemble courant du premier après-guerre aux années 1960, réunissant Georges Bernanos, Louis-Ferdinand Céline, Drieu la Rochelle et Roger Nimier. Tout en s’insérant dans un mouvement plus vaste de « renaissance latine », les auteurs associés aux avant-gardes symbolistes et au milieu boulangiste fondent leur défense de la latinité sur un imaginaire du nord, afin de se distinguer du naturalisme et du félibrige. Après la Grande Guerre, cet imaginaire septentrional ne semble plus apte à figurer la latinité ; la réévaluation de l’héroïsme s’accompagne alors d’un rejet du classicisme latin dont se réclament aussi bien l’Action française que la NRF, et conditionne le développement d’un nouvel antiméridionalisme qui entretient des rapports variés avec le fascisme. Ainsi envisagé au prisme de la poétique, le débat autour de la latinité révèle comment, tout au long de la IIIe République, la réaction à la démocratie libérale a mis au jour des concurrences propres au champ littéraire.