Gouvernance coloniale en Méditerranée orientale : perspectives croisées italo-britanniques, 1920-1940

Cet article constate et tente d’interpréter un durcissement parallèle des gouvernances coloniales britannique et italienne en Méditerranée orientale dans les années 1930 en s’appuyant sur les exemples de Rhodes, l’île majeure du Possedimento italien du Dodécanèse depuis 1912, et de Chypre, sous domi...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/cdlm,
Autor Principal: Rappas, Alexis
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Cahiers de la Méditerranée 2015
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Cet article constate et tente d’interpréter un durcissement parallèle des gouvernances coloniales britannique et italienne en Méditerranée orientale dans les années 1930 en s’appuyant sur les exemples de Rhodes, l’île majeure du Possedimento italien du Dodécanèse depuis 1912, et de Chypre, sous domination britannique depuis 1878. Face à l’Enosis, mouvement irrédentiste grec prônant l’union avec la Grèce indépendante, le tournant autoritaire des administrations en place a pu sembler parfaitement compatible avec l’idéologie fasciste dans le cas italien ; on a en revanche souligné son « exceptionnalité » dans une tradition impériale britannique par ailleurs « libérale ». Plutôt que de distinguer et donc de réifier ces deux traditions impériales, nous proposons ici d’envisager l’Enosis comme le prétexte justifiant la mise en place d’une gouvernance coloniale expérimentale, issue d’une interfécondation des projets coloniaux britannique et italien. L’objectif de cet article, méthodologiquement inspiré par l’histoire croisée, est d’évaluer la mesure dans laquelle ces expérimentations coloniales préfigurent une tradition de gouvernement autoritaire qui se construirait par le transnational et dont la Méditerranée semble être depuis restée le laboratoire.