Venise et Trieste entre France napoléonienne et Autriche habsbourgeoise dans les écrits d’Ugo Foscolo (1778-1827) et d’Italo Svevo (1861-1928)

Bordée par l’Adriatique, la région Frioul-Vénétie-Julienne, abritant les ports stratégiques de Venise et de Trieste représentant pendant des siècles les enjeux d’invasions et de tractations géopolitiques, est rattachée tour à tour à la France napoléonienne, à l’empire austro-hongrois et à l’Italie....

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/cdlm,
1. Verfasser: Céron, Emmeline
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Cahiers de la Méditerranée 2013
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Beschreibung
Zusammenfassung:Bordée par l’Adriatique, la région Frioul-Vénétie-Julienne, abritant les ports stratégiques de Venise et de Trieste représentant pendant des siècles les enjeux d’invasions et de tractations géopolitiques, est rattachée tour à tour à la France napoléonienne, à l’empire austro-hongrois et à l’Italie. À un siècle d’écart, le Vénitien Ugo Foscolo (1778-1827) et le Triestin Italo Svevo (1861-1928) témoignent dans leurs fictions littéraires du particularisme de ces deux villes-nations auxquelles le cosmopolitisme et les changements successifs de souveraineté donnent un caractère chimérique. Des écrits de Foscolo, contemporains du traité de Campoformio et de la chute de la Sérénissime, se dégage une quête identitaire semblable à celle qui émane des nouvelles et les romans de Svevo, marqués par la chute de l’empire austro-hongrois et le retour de Trieste à l’Italie. Le morcellement linguistique, l’impression de déracinement, la figure ambivalente de Napoléon, à la fois traitre et modèle de puissance toujours vivace au début du xxe siècle, apparaissent comme les moteurs d’une quête d’identité nationale, sociale et personnelle. Quête dont les arts littéraires, qu’ils soient marqués par le préromantisme allemand (Ugo Foscolo, Les Dernières Lettres de Jacopo Ortis) ou qu’ils revêtent l’ironie et la lucidité psychologique propres à la littérature moderne (Italo Svevo, La conscience de Zeno) s’affirment à la fois comme le moyen et le témoin.