Maîtres de l’onde, maîtres des marchés et des techniques : les migrants catalans à Marseille au xviiie siècle (1720-1793)
Alors qu’elle a laissé des traces dans la toponymie marseillaise, l’installation dans le port provençal, entre 1720 et 1793, d’une petite population de pêcheurs catalans accompagnés de leur famille demeure un fait peu abordé par l’historiographie. L’analyse des registres paroissiaux permet de repére...
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| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/cdlm, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Cahiers de la Méditerranée
2013
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| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Alors qu’elle a laissé des traces dans la toponymie marseillaise, l’installation dans le port provençal, entre 1720 et 1793, d’une petite population de pêcheurs catalans accompagnés de leur famille demeure un fait peu abordé par l’historiographie. L’analyse des registres paroissiaux permet de repérer assez précisément les lieux de départ de cette migration et d’en reconstituer le rythme. L’étude des sources relatives aux conflits de pêche qui déchirent le port au XVIIIe siècle nous renseigne davantage encore sur les mutations produites sur la pêche artisanale par l’arrivée des Espagnols. Procédant à une véritable dilatation de l’espace de la pêche marseillaise, les Catalans acquièrent une importance centrale dans la fourniture des halles et des poissonneries. Cette centralité apparaît paradoxale si l’on s’en tient aux lieux communs maintes fois véhiculés par la littérature du XIXe siècle, présentant cette population comme marginalisée par son installation en dehors des murs, dans l’enceinte des Vieilles-Infirmeries. Repérable par la progressive installation des familles étrangères dans le quartier de Rive-Neuve, l’intégration catalane ne peut se comprendre sans une réflexion sur les clivages sociaux qui traversent la pêche marseillaise au XVIIIe siècle. En se subordonnant une partie des patrons marseillais les plus pauvres qu’ils réduisent à un rôle de simples pourvoyeurs d’appâts, les palangriers catalans répondent du même coup aux exigences des consommateurs les plus fortunés de la ville, amateurs de « beaux et bons poissons ». Au-delà des conflits qui les opposent aux responsables de la prud’homie, les Espagnols, étrangers venus travailler chez l’autre, ont donc réussi à nouer des liens de solidarité multiformes avec leur communauté d’accueil provençale. |
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