Pouvoir politique, autonomies urbaines et mouvements populaires au Caire au XVIIIe siècle

Partant de l’image largement répandue d’un pouvoir central absolu exercé de manière despotique à l’échelon local dans l’Empire ottoman, face aux représentants duquel les populations seraient restées prisonnières de la passivité, l’auteur s’efforce de nuancer et corriger pareil tableau à travers l’ex...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/cdlm,
Auteur principal: Raymond, André
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Cahiers de la Méditerranée 2010
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Partant de l’image largement répandue d’un pouvoir central absolu exercé de manière despotique à l’échelon local dans l’Empire ottoman, face aux représentants duquel les populations seraient restées prisonnières de la passivité, l’auteur s’efforce de nuancer et corriger pareil tableau à travers l’exemple du Caire, à la charnière entre le XVIIIe et le XIXe siècle. Revenant préalablement sur l’époque précédente, André Raymond constate que très tôt existaient des limites à l’autorité des gouverneurs ainsi qu’un contrôle étroit exercé sur celle-ci, grâce à une série de règles et de contre-pouvoirs, lesquels devaient empêcher tout arbitraire. Dans ces conditions, les populations locales étaient loin de se cantonner à l’isolement et à l’attentisme. L’entrée des indigènes dans le corps des ‘ulamâ, l’existence de corporations, de confréries et autres organisations du type des tawâ’if, structures à l’origine de l’encadrement de la vie sociale, conféraient à une partie de la population des moyens d’expression et même, parfois, d’intervention auprès des autorités. Les émeutes, fréquentes à la fin du XVIIIe siècle et dont certaines prenaient les traits de véritables insurrections, constituaient un autre moyen d’expression pour le peuple : plus que des revendications «alimentaires», comme celles qui s’étaient déroulées en des temps antérieurs, elles comportaient une forte dimension politique, en réaction aux abus et à la pression de plus en plus lourds exercés par le pouvoir. Ces mouvements populaires qui s’exprimèrent jusqu’à l’avènement de Muhammad Ali, apparurent comme les premières failles de tout le système politique à l’œuvre dans l’Empire ottoman.