Les morisques d’Aragon : un enjeu dans la lutte pour le pouvoir

Dans l’Aragon du XVIe siècle, l’existence de lois (fueros) et de pratiques politiques héritées du Moyen Âge, la structure même de la société aragonaise, impliquaient une dispersion des pouvoirs et une multiplicité de juridictions particulières. La condition des vassaux morisques, tout comme le pouvo...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/cdlm,
Autor principal: Garasa, Fausto
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Cahiers de la Méditerranée 2010
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Descripció
Sumari:Dans l’Aragon du XVIe siècle, l’existence de lois (fueros) et de pratiques politiques héritées du Moyen Âge, la structure même de la société aragonaise, impliquaient une dispersion des pouvoirs et une multiplicité de juridictions particulières. La condition des vassaux morisques, tout comme le pouvoir juridictionnel seigneurial, était le fruit de cet héritage médiéval qui faisait des « nouveaux chrétiens » un enjeu économique et financier majeur pour leurs maîtres. Les morisques, fortement représentés dans le royaume ­d’Aragon, constituaient aussi une importante source de revenus pour le Saint-Office qui était directement en concurrence avec cette noblesse terrienne. Son activité répressive s’en prenait en effet à leur gagne-pain, et ses pratiques, en foulant aux pieds les droits et privilèges des seigneurs, sapaient leur autorité.Dans un désir d’exister, mais aussi en tant qu’instrument du pouvoir royal, l’Inquisition alla bien au-delà de sa mission première qui était de lutter contre l’hérésie. Dans le dernier quart du XVIe siècle, la psychose liée au danger turc et à des rumeurs de conspirations morisques lui permit de jouer pleinement son rôle d’instrument du pouvoir royal, persécutant notamment une « aristocratie » morisque riche et influente.L’enjeu politique que représentaient les « nouveaux chrétiens » prit tout son sens en 1610 lors de leur expulsion. Cette décision d’envergure prise au plus haut niveau montrait, après quelques hésitations, la détermination du pouvoir royal, mais causait la ruine des seigneurs de morisques très affaiblis politiquement, à l’image de l’ensemble de la noblesse aragonaise, par les mesures prises après les événements de 1591.