L’Alliance israélite universelle en Tunisie, mai 1943 - octobre 1944. Une « sortie de guerre » compliquée

L’Alliance israélite universelle traverse une période de transition mouvementée de la libération de la Tunisie (mai 1943) au départ du Gouvernement provisoire de la République française d’Alger à Paris (octobre 1944). Alors que l’ancienne direction est réduite à l’impuissance en métropole, la nouvel...

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Bibliografski detalji
Izdano u:URI:https://journals.openedition.org/cdlm,
Glavni autor: Nicault, Catherine
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Cahiers de la Méditerranée 2025
Online pristup:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Sažetak:L’Alliance israélite universelle traverse une période de transition mouvementée de la libération de la Tunisie (mai 1943) au départ du Gouvernement provisoire de la République française d’Alger à Paris (octobre 1944). Alors que l’ancienne direction est réduite à l’impuissance en métropole, la nouvelle direction présidée par René Cassin n’entame en Afrique du Nord l’œuvre de restauration que lui a confiée le général de Gaulle qu’en novembre 1943, une fois la France combattante installée en maîtresse à Alger. Les cinq écoles de la Régence ont tenu bon malgré deux années et demie d’administration vichyssoise dont les six derniers mois sous la botte allemande, mais connaissent, comme au Maroc, une sévère crise financière et sociale. Durement atteint par les réductions salariales imposées pendant la guerre, le corps enseignant revendique haut et fort un réajustement de ses revenus mais également un traitement plus respectueux du personnel, menace, à défaut, de déserter l’Alliance et voit dans le projet de la Direction de l’Instruction publique de Tunis de nationaliser les écoles le moyen d’accéder au statut de leurs collègues du public. Or les fonds nécessaires pour calmer l’agitation s’avèrent introuvables. Dans la Régence, de surcroît, une partie du personnel rejette publiquement la personne du directeur des écoles, Jacques Tahar, représentant et relai sur place de la direction allianciste, rejet qui semble s’inscrire dans un mouvement général de revendications sociales et démocratiques qui se manifeste à Alger et à Tunis dès 1943 avant de gagner la France libérée ainsi que dans l’amère polémique qui, au lendemain de l’occupation allemande, oppose une partie du petit peuple juif de Tunis à ses notables « bourgeois », accusés de s’être déchargés sur lui du poids des réquisitions allemandes. Comment Cassin et son équipe réagissent-ils face à un mouvement inédit dans l’histoire de l’Alliance contre l’autorité d’un de ses cadres ? L’article répond à cette question à partir des archives de l’institution et du ministère français des Affaires étrangères.