Le conflit des sources : L’épidémie de choléra de 1911-1912 au Levant ottoman entre presse et administration ottomane
Appuyé sur une analyse du traitement de l’épidémie de choléra de 1911-1912 en Palestine et dans l’Empire ottoman dans le journal Filastin établi à Jaffa, cet article vise à montrer que la couverture médiatique de l’épidémie constitue un matériau nécessaire mais non transparent pour étudier les phéno...
Gardado en:
| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/cdlm, |
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| Autor Principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
Cahiers de la Méditerranée
2019
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| Sujets: | |
| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Appuyé sur une analyse du traitement de l’épidémie de choléra de 1911-1912 en Palestine et dans l’Empire ottoman dans le journal Filastin établi à Jaffa, cet article vise à montrer que la couverture médiatique de l’épidémie constitue un matériau nécessaire mais non transparent pour étudier les phénomènes épidémiques. Les journaux ottomans connurent une forte croissance en nombre dans les années suivant immédiatement le rétablissement de la constitution ottomane en 1908. La presse, motivée par son lectorat local, se faisait un devoir de suivre au jour le jour les épidémies, mais ce faisant elle pouvait se retrouver en opposition aux fonctionnaires locaux des services de santé. à la suite de l’épidémie catastrophique de choléra de 1902-1903, dont l’annonce avait été étouffée par les autorités, rapporter avec exactitude les progrès de l’épidémie devint une question sensible de légitimité. C’était le cas aussi bien pour la presse que pour les fonctionnaires ottomans. Alors que les relations politiques entre Arabes et Turcs se dégradaient rapidement, les attentes de réponses à l’épidémie manifestées par le journal ou par d’autres acteurs montrent que le mécontentement à l’égard de l’administration avait toujours pour fondement une dépendance vis-à-vis de l’État ottoman. Le sentiment de négligence, de la part des autorités, dans la mise en œuvre des mesures anti-épidémiques était de nature à entretenir un sentiment de marginalisation au sein de l’Empire ottoman. Ce ressentiment traduisait cependant une aspiration à des services étatiques meilleurs et plus homogènes plutôt qu’à une administration autonome vis-à-vis de l’État ottoman. |
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