« On n’est pas un bon légionnaire quand on n’a pas le cafard » : enjeux médicaux, culturels et politiques d’un sentiment géographique (1880-1930)

Au croisement de la géographie médicale, politique et culturelle, l’article porte sur le cafard colonial. Le cafard est un mal du pays qui apparaît dans les années 1880 au sein la Légion étrangère et des Bataillons d’Afrique, qui tirent pour partie leur identité de cette forme de nostalgie. Identifi...

Descripció completa

Guardat en:
Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/cdg,
Autor principal: Staszak, Jean-François
Format: Article ou chapitre numérique
Publicat: Carnets de géographes 2016
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:Au croisement de la géographie médicale, politique et culturelle, l’article porte sur le cafard colonial. Le cafard est un mal du pays qui apparaît dans les années 1880 au sein la Légion étrangère et des Bataillons d’Afrique, qui tirent pour partie leur identité de cette forme de nostalgie. Identifié comme pathologie coloniale par les médecins dans les années 1910, il affecte ensuite les Poilus dans les tranchées, avant de se banaliser pour constituer un sentiment qui diffuse ensuite dans toute la société française. Dans les colonies, les coups de cafards débouchent souvent sur des excès de violence, que la médicalisation de cet état d’âme permet d’excuser. En fait, le cafard semble consubstantiel au projet colonial, dont les contradictions font qu’il est impossible au colon de trouver une juste place. L’article plaide par l’exemple pour une approche critique des affects géographiques.Mots-clés : affect, colonisation, exotisme, médicalisation, nostalgie