Pour une lecture complexe des espaces portuaires

L’arrivée du container et de l’automatisation dans le transport maritime a conduit à la désaffection des espaces portuaires anciens, devenus terrains vagues quand ils ne peuvent être rattachés à la ville, et à la mise en place de zones entièrement automatisées où les travailleurs se trouvent isolés,...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/cdg,
Autor Principal: Millo, Géraldine
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Carnets de géographes 2016
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:L’arrivée du container et de l’automatisation dans le transport maritime a conduit à la désaffection des espaces portuaires anciens, devenus terrains vagues quand ils ne peuvent être rattachés à la ville, et à la mise en place de zones entièrement automatisées où les travailleurs se trouvent isolés, solitaires au milieu des containers et des machines. Les espaces portuaires ne sont plus ces lieux de vie marginale et riches d’imaginaires sociaux mais des espaces fermés, condamnant les travailleurs et les citoyens à ne plus rien voir de la matérialité de ce qui circulent sous leurs yeux. Une des conséquences de cette transformation est la perte de l’enracinement matériel, et pour ce qui nous intéresse, spatial : les anciennes zones de débarque et de stockage, et la vie qui allait avec, se trouvent laissées à l’abandon en attendant une hypothétique reconversion, espaces à l’écart où se réfugieront aussi les relégués du capitalisme avancé. Cette transformation des ports et la création d’espaces de l’entre-deux qu’elle engendre, a été abordée de manière différente par deux photographes, Philippe Bazin et Allan Sekula. Chez ces deux photographes, le travail documentaire permet de mettre à jour les causes économiques et politiques qui ont abouties à la formation de ces espaces. Loin de les isoler pour l’étude, ils prennent le parti de tisser un vaste réseau apte à rendre compte de cette nouvelle géographie, tant spatiale qu’humaine. La mise en image documentaire se crée en redondance d’une invisibilité qui travaillent ces espaces : dans les espaces anciens, il n’y a plus rien à voir, dans les nouveaux plus rien n’est donné à voir.