Pour une socio-géographie du fait militaire

Cet article part du constat de la faible place occupée, en France, par une géographie critique du fait militaire. L’article montre que cette lacune ne tient pas seulement à un désintérêt empirique pour les armées, mais aussi à l’histoire de la discipline, longtemps liée aux institutions militaires,...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/cdg,
Hovedforfatter: Opillard, Florian
Format: Article ou chapitre numérique
Udgivet: Carnets de géographes 2026
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:Cet article part du constat de la faible place occupée, en France, par une géographie critique du fait militaire. L’article montre que cette lacune ne tient pas seulement à un désintérêt empirique pour les armées, mais aussi à l’histoire de la discipline, longtemps liée aux institutions militaires, ainsi qu’à la dominance d’une géographie militaire classique. Dans ce contexte, l’enjeu est de proposer d’analyser le champ social militaire à partir des outils de la géographie sociale, pour en éclairer les dynamiques contemporaines. Cette contribution insiste également sur les implications méthodologiques d’une telle démarche. À partir de son propre déplacement de terrains militants vers des terrains militaires, l’auteur décrit comment l’enquête est structurée par des contraintes d’accès, des effets de position et de cadrage institutionnel qui pèsent sur la production du savoir. L’intérêt d’une approche critique consiste alors à dénaturaliser ces mises en forme du monde social, à partir de plusieurs directions de recherche : l’étude des lieux d’élaboration des politiques de défense, l’analyse de la structuration spatiale des capitaux dans le champ militaire, ainsi que l’examen des effets localisés des processus de militarisation. Cette contribution défend ainsi une socio-géographie du fait militaire attentive à la manière dont la remilitarisation reconfigure à la fois les institutions, les territoires et les agents.