Berthe au(x) Grand(s) Pied(s) ou plutôt : les enfances d’un « faux bâtard »

La légende de Berthe au(x) Grand(s) Pied(s), d’origine française, est indépendante tant de la Perht/Bertha mythique de l’Allemagne du Sud que des rites saisonniers qu’on a voulu postuler. Au contraire, son action est issue essentiellement du conte-type (clairement préexistant) de la « Fiancée substi...

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Bibliografiske detaljer
Udgivet i:URI:https://journals.openedition.org/ccm,
Hovedforfatter: Beckmann, Gustav Adolf
Format: Article ou chapitre numérique
Sprog:Français
Udgivet: Cahiers de civilisation médiévale 2022
Fag:
Online adgang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivelse
Summary:La légende de Berthe au(x) Grand(s) Pied(s), d’origine française, est indépendante tant de la Perht/Bertha mythique de l’Allemagne du Sud que des rites saisonniers qu’on a voulu postuler. Au contraire, son action est issue essentiellement du conte-type (clairement préexistant) de la « Fiancée substituée ». Cependant, ce qui sous-tend la légende dans toutes ses formes, c’est la conviction que Charles, futur fils de Berthe, ne saurait être un bâtard qu’en apparence. Un faux attribué à Charlemagne et commenté (sinon fabriqué) par Eberhard de Fulda (vers 1170) reflète sans doute, quoique assez indirectement, une variante précoce et latérale de la légende. En France, la légende se présente d’emblée sous une forme plus développée, « ecclésiophile » : avant l’exil de Berthe, elle et Pépin ont déjà reçu la bénédiction nuptiale, acte qui ne joue aucun rôle ni dans le conte ni dans les formes allemandes de la légende, mais qui fait du futur fils de Berthe, dès le début de l’action, le seul héritier légitime du trône. Y a-t-il, sous cette strate « ecclésiophile » et celle du conte, une troisième couche, historique cette fois ? Une reconsidération détaillée de la question fait apparaître que l’ancienne thèse de Rajna, selon laquelle derrière « Berthe » se cacherait Alpais, ne mérite probablement pas le discrédit dans lequel elle est tombée. À l’origine, la légende semble avoir constitué une réaction sous forme narrative contre les tendances anticarolingiennes de toute une série d’historiographes, tendances de plus en plus manifestes dès le dernier siècle de l’époque carolingienne.