Nouvelles perspectives sur l’alba

L’examen du thème du guetteur et de motifs annexes, puis l’étude des interférences et de ce que cette notion recouvre nous amène à préciser la nature, l’importance et la signification des éléments popularisants et des traits courtois dans l’alba. Un réexamen de la typologie du genre nous permet de m...

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Detalhes bibliográficos
Publicado no:URI:https://journals.openedition.org/ccm,
Autor principal: Billy, Dominique
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado em: Cahiers de civilisation médiévale 2025
Assuntos:
Acesso em linha:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrição
Resumo:L’examen du thème du guetteur et de motifs annexes, puis l’étude des interférences et de ce que cette notion recouvre nous amène à préciser la nature, l’importance et la signification des éléments popularisants et des traits courtois dans l’alba. Un réexamen de la typologie du genre nous permet de mieux cerner sa dynamique et sa cohésion tout en identifiant des variétés plus nombreuses qu’on ne l’envisage habituellement, ce qui nous amène à récuser les définitions actuelles qu’une perspective panchronique rend aussi inopérantes qu’artificielles. Les rares témoignages ou évocations d’une lyrique occitane extra-troubadouresque développée dans les milieux jongleresques ne laissent en rien deviner l’existence d’un genre comparable en dehors de la poésie lyrique courtoise. L’examen de l’alba bilingue de Fleury-sur-Loire comme celui du corpus de la lyrique galégo-portugaise et de la française établit de façon claire d’une part l’absence d’antécédents connus, d’autre part le caractère centripète du genre occitan dans l’espace lyrique européen, où il constitue un modèle pour les imitateurs des troubadours. Genre courtois du point de vue du contenu, l’alba de séparation utilisait sans doute des formes lyriques popularisantes dont le refrain serait le témoin le plus concret, et c’est vraisemblablement ce seul aspect formel qui justifie le qualificatif de genre popularisant, alors que celui de la rencontre amoureuse aboutie n’est à proprement parler que non courtois ou anti-courtois selon l’option idéologique qu’on privilégiera. Condamnée par l’essor de l’Inquisition, l’alba de séparation laissa la place à un genre centré sur le seul motif de l’aube dont le ressort dramatique put être sollicité dans le cadre de situations nouvelles dépourvues de caractère scabreux et plus conformes à l’idéologie ambiante dominée par des préoccupations morales : c’est ainsi que l’alba devint, à proprement parler, le chant de l’aube.