Nommer et désigner la terre au Moyen Âge. Le vocabulaire de la seigneurie foncière dans les actes diplomatiques du Bas-Poitou, xie-xiiie siècle : usages, significations et évolutions
Les noms donnés à des individus, des terres ou des prélèvements se sont imposés comme des médias privilégiés pour appréhender les rapports à la terre. Ce lexique, qui par ailleurs a fait l’objet de nombreux dictionnaires, se prête cependant mal à une définition immuable, adaptable à toutes les struc...
Gardado en:
| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/ccm, |
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| Autor Principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
Cahiers de civilisation médiévale
2025
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| Sujets: | |
| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Les noms donnés à des individus, des terres ou des prélèvements se sont imposés comme des médias privilégiés pour appréhender les rapports à la terre. Ce lexique, qui par ailleurs a fait l’objet de nombreux dictionnaires, se prête cependant mal à une définition immuable, adaptable à toutes les structures. Le riche corpus poitevin a permis d’identifier plusieurs termes récurrents relevant de champs lexicaux distincts, mais tous liés à la seigneurie (alleux, tènements…). La chronologie de leur usage et l’étude de la nature des écrits qui les contiennent révèlent divergences et convergences dans leurs choix, mais aussi la grande capacité des scribes à reprendre des sources anciennes pour y greffer des significations nouvelles, notamment pour les espaces qui échappent aux formulations habituelles comme les forêts et marais.L’altérité de la perception de l’espace à cette époque se manifeste dans un vocabulaire structuré autour de référentiels lexicaux antiques détachés souvent de toute réalité foncière, qui maintiennent la fiction de grands domaines et s’intéressent assez peu à l’appréciation des superficies ou à l’introduction d’une localisation identifiable concrètement. Au xiie siècle, ce champ lexical s’accroît et évolue, révélant de nouvelles préoccupations : l’appropriation de terres sauvages ou l’aménagement d’espaces hostiles. Ces pratiques invitent à remettre en cause les correspondances souvent établies entre le vocabulaire et la structure foncière qu’il désigne, ainsi que sur la pertinence des ruptures lexicales pour déterminer des mutations dans l’organisation agraire. Une étude plus fine du vocabulaire en fonction de la nature des sources écrites et des stratégies scripturaires déployées s’avère particulièrement nécessaire. |
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