Animalité, pureté et croisade. Étude sur la transformation des églises en étables par les musulmans durant les croisades (xiie-xiiie siècles)

Dans dix-sept sources occidentales des xiie et xiiie s., les musulmans se voient accusés de transformer des églises en étables1. Dans certains cas, la raison principale donnée à la première croisade est la transformation du Saint-Sépulcre en étable. Plus imaginaire que réelle, l’accusation suscite u...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/ccm,
Auteur principal: Har-Peled, Misgav
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Cahiers de civilisation médiévale 2023
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Dans dix-sept sources occidentales des xiie et xiiie s., les musulmans se voient accusés de transformer des églises en étables1. Dans certains cas, la raison principale donnée à la première croisade est la transformation du Saint-Sépulcre en étable. Plus imaginaire que réelle, l’accusation suscite un questionnement sur la place de l’animalité et de la pureté dans la pensée de la croisade. La transformation négative de l’espace sacré en un espace animal est interprétée comme un renversement de la Nativité du Christ, épisode durant lequel une étable devient un lieu saint. Le schéma dialectique de transformation de l’espace, de l’animal au sacré et vice-versa, doit être appréhendé dans sa totalité : si la Nativité est un modèle de résolution du problème de l’animalité et de la pureté, la transformation de l’église en étable constitue un modèle d’infraction. Ce schéma se manifeste, et se renforce, dans trois temporalités différentes : le temps mythique de la naissance de Dieu, celui de la fête de la Nativité et celui de la croisade. L’un est l’ordre établi du temps du mythe ; le second est le renforcement rituel de cet ordre ; le troisième est la transgression de l’ordre dans la temporalité historique de la crise. La croisade, pour être un acte de purification, exige une situation de profanation. L’hypothèse ici proposée est que la dialectique de pollution et de purification se manifeste également dans les sources musulmanes, si bien qu’on peut parler d’un « dialogue de pollution et purification » entre les deux adversaires.