Le jongleur dans l’étui : horizon chrétien et réécritures romanesques

« Ô Liberté, ma mie, Insoucieuse fée au clair sourire d’or ! » Ce chant à la liberté, « insoucieuse fée au clair sourire d’or », ne se trouve pas dans une pièce révolutionnaire du Théâtre de la foire ou dans un vaudeville de la Belle Époque. Ce Jean, qui, tel l’Ulysse de Dante, est enivré par son id...

Deskribapen osoa

Gorde:
Xehetasun bibliografikoak
Argitaratua izan da:URI:https://journals.openedition.org/ccm,
Egile nagusia: Galderisi, Claudio
Formatua: Article ou chapitre numérique
Hizkuntza:Français
Argitaratua: Cahiers de civilisation médiévale 2023
Gaiak:
Sarrera elektronikoa:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Deskribapena
Gaia:« Ô Liberté, ma mie, Insoucieuse fée au clair sourire d’or ! » Ce chant à la liberté, « insoucieuse fée au clair sourire d’or », ne se trouve pas dans une pièce révolutionnaire du Théâtre de la foire ou dans un vaudeville de la Belle Époque. Ce Jean, qui, tel l’Ulysse de Dante, est enivré par son idéal de liberté et craint de perdre son royal trésor n’est autre qu’un jongleur qui a traversé les siècles et les langues. C’est bien entendu le Jongleur de Notre Dame, revisité par Jules Massenet et Maurice Léna en 1902 dans un opéra du même nom.L’anachronisme ou du moins une connaissance partielle de la civilisation médiévale sont à l’origine des suppressions et des ajouts que l’on trouve dans la plupart des réécritures de ce récit médiéval. Ces œuvres secondes préservent, cependant, et sans doute involontairement, une armature narrative qui n’est pas le seul fait du récit médiéval. La réécriture, en effet, peut aller au-delà de l’écriture dont elle tire son origine, faisant ressurgir un schéma sous-jacent, par rapport auquel le texte médiéval n’est parfois qu’un palimpseste qui s’ignore. Ces récits nous révèlent alors la trace des traits distinctifs de l’épistémè médiévale. Les uns et les autres gardent, par exemple, au serviteur de Notre Dame son statut de jongleur. La présente réflexion s’interroge sur les raisons mythologique et narrative de cette permanence, qui révèle une résistance du texte. On voit alors que la réécriture peut faire renaître la voix secrète de la poésie, que la relation du texte à la lettre revisitée n’est pas seulement génétique mais plutôt biunivoque. Elle peut ainsi faire rejaillir par sa propre singularité celle du modèle.