Henri Bergson et les conservateurs espagnols (1907-1940)/I
La Grande Guerre durcit les rapports des conservateurs espagnols, de tradition plutôt germanophile depuis la Révolution de 1789, avec la France. Le philosophe, Henri Bergson, qui exerce un magistère intellectuel très puissant dans son pays, entre 1900 et les années 1920, s’engage comme missionnaire...
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| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/ccec, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
Cahiers de civilisation espagnole contemporaine (de 1808 au temps présent)
2013
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| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumario: | La Grande Guerre durcit les rapports des conservateurs espagnols, de tradition plutôt germanophile depuis la Révolution de 1789, avec la France. Le philosophe, Henri Bergson, qui exerce un magistère intellectuel très puissant dans son pays, entre 1900 et les années 1920, s’engage comme missionnaire de la Cause des alliés, dans le monde. Cet engagement diplomatique double le rejet religieux dont il fait déjà l’objet, en Espagne, comme catholique « moderniste », depuis 1907, d’un rejet politique. En plus d’être considéré comme le penseur ennemi de la philosophie catholique officielle, le néothomisme, il est décrit par la presse conservatrice espagnole comme le monstre tricéphale imaginé par le fer de lance de l’Action française, Charles Maurras. En effet, les divers quotidiens conservateurs espagnols tels que ABC, El Debate, La Época ou encore le journal intégriste El Siglo futuro le dépeignent, dans son tricéphalisme, comme un emblème de la Révolution jacobine, de la Réforme et du Romantisme décadent. Les écrivains de la droite radicale espagnole comme José María Salaverría ou Eugenio D’Ors développent, à l’occasion de la Guerre de 1914-1918 puis après, un anti-bergsonisme axiologique et politique, inspiré entre autres du nationalisme français. Le bergsonisme représente pour eux, par son intuitionnisme, son anti-intellectualisme, une pensée décadente, impressionniste, sémite, antithétique à la pensée noucentiste conservatrice. |
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